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TVA à 10 % dans le bâtiment : conditions et attestation 2026

Mal appliquée, la TVA à 10 % expose à un rappel intégral majoré de pénalités. Voici les conditions cumulatives, les travaux concernés et la marche à suivre pour les attestations CERFA.

Mis à jour le 21 février 20269 min de lecture

La TVA à 10 % est l'avantage fiscal le plus utilisé du bâtiment. Elle représente une économie de 10 points de TVA pour le client final — et une source d'erreur fréquente côté artisan. Mal appliquée, elle expose à un rappel intégral, majoré de pénalités. Voici précisément quand et comment l'utiliser, à jour des textes en vigueur (art. 279-0 bis du CGI).

TVA 20 %, 10 %, 5,5 % : qui paie quoi

Trois taux coexistent sur les prestations du bâtiment. Le bon réflexe est de partir du taux normal (20 %) et de chercher si une réduction est applicable :

TauxDomaineRéférence
20 %Travaux neufs, locaux pro, équipements ménagers, locaux achevés depuis < 2 ansArt. 278 CGI
10 %Travaux d'amélioration, transformation, aménagement et entretien des logements de plus de 2 ansArt. 279-0 bis CGI
5,5 %Travaux d'amélioration de la qualité énergétique des logements de plus de 2 ansArt. 278-0 bis A CGI

Les conditions cumulatives de la TVA à 10 %

Quatre conditions doivent être réunies simultanément pour bénéficier du taux à 10 % :

  1. Local affecté à l'habitation — résidence principale ou secondaire, logement de fonction, logement loué nu. Sont exclus : locaux à usage professionnel exclusif, bureaux, locaux commerciaux.
  2. Achevé depuis plus de 2 ans à la date du début des travaux (et non à la date de signature du devis).
  3. Travaux d'amélioration, transformation, aménagement ou entretien — pas de travaux qui aboutissent à une construction neuve ou une surélévation portant la surface habitable à plus de 90 m² supplémentaires.
  4. Travaux facturés directement par l'artisan au client final (le particulier occupant ou bailleur). Une sous-traitance entre entreprises reste à 20 %.

Logement achevé depuis plus de 2 ans : comment le prouver

L'ancienneté du logement doit pouvoir être justifiée en cas de contrôle. Pièces acceptées par la DGFiP :

  • Déclaration d'achèvement des travaux (DAACT)
  • Avis d'imposition à la taxe foncière mentionnant la date d'achèvement
  • Acte de propriété mentionnant la date d'achèvement
  • Attestation de la mairie ou de l'architecte

Conservez ces pièces avec votre dossier client pendant 6 ans (durée de prescription du contrôle TVA).

Travaux concernés ou exclus

Concernés (10 %) :

  • Ravalement, peinture, plâtrerie, papier peint
  • Plomberie, chauffage central, sanitaires
  • Électricité courante (mise aux normes, remplacement)
  • Pose de sol (carrelage, parquet, moquette)
  • Remplacement menuiseries, volets, vérandas
  • Aménagement intérieur : cuisine sur mesure, dressing, placards encastrés
  • Toiture, charpente, isolation thermique de toiture

Exclus (restent à 20 %) :

  • Travaux d'agrandissement portant à plus de 10 % de surface ou plus de 9 m²
  • Surélévation augmentant la surface habitable de plus de 90 m²
  • Fourniture d'équipements ménagers ou mobiliers (lave-vaisselle, micro-ondes, mobilier libre)
  • Travaux de jardinage, paysagisme, terrasse extérieure non couverte
  • Piscine, sauna, hammam

L'attestation client obligatoire

Pour appliquer la TVA à 10 % ou 5,5 %, l'artisan doit obtenir une attestation signée du client, qui certifie que les conditions sont remplies :

  • CERFA n° 1300-SD pour les travaux simples (intervention rapide, montant < 300 € TTC) — sous forme d'attestation simplifiée.
  • CERFA n° 1301-SD pour tous les autres cas — la version standard.

L'attestation doit être :

  • Signée avant le début des travaux
  • Conservée par l'artisan jusqu'à la fin de la 5ᵉ année suivant la réalisation des travaux (art. 279-0 bis CGI)
  • Présentée en cas de contrôle

L'attestation est téléchargeable directement sur le portail service-public.fr (CERFA 1300-SD) et CERFA 1301-SD.

Cas particuliers

Logement neuf en VEFA — les travaux complémentaires avant les 2 ans d'achèvement restent à 20 %.

Bailleur professionnel — la TVA à 10 % s'applique sur les logements donnés en location nue à usage de résidence principale, à condition que le bailleur ne soit pas assujetti à la TVA sur les loyers (par défaut, la location nue est exonérée).

Local mixte (habitation + professionnel) — la TVA à 10 % s'applique uniquement sur la part « habitation » au prorata des surfaces. L'attestation doit le mentionner.

Copropriété — les travaux portant sur les parties communes d'un immeuble à usage d'habitation principal bénéficient du taux réduit, avec attestation signée par le syndic.

Contrôle et sanctions

L'administration fiscale dispose en principe d'un délai de 3 ans pour contrôler la TVA (art. L169 du Livre des procédures fiscales), prolongé à 10 ans en cas de manquement délibéré ou de manœuvres frauduleuses. Les contrôles sont en augmentation depuis 2023, notamment ciblés sur :

  • Les chantiers de plus de 50 000 € TTC
  • Les artisans appliquant le taux réduit sur 100 % des chantiers
  • Les sociétés de construction marchande de biens

En cas d'erreur :

  • Bonne foi — rappel + intérêts de retard (0,2 % / mois)
  • Manquement délibéré — majoration de 40 %
  • Manœuvres frauduleuses — majoration de 80 %

Récapitulatif

Barty gère automatiquement les multi-taux de TVA sur un même devis ou facture, et permet d'éditer l'attestation CERFA directement depuis le dossier client. Voir le détail dans la documentation Barty — ou démarrer gratuitement.

Pour aller plus loin : mentions obligatoires devis artisan · facturation électronique 2026 · facture d'acompte BTP.

Sources officielles : impots.gouv.fr — taux de TVA · BOFiP — TVA travaux dans les locaux à usage d'habitation.

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