Auto-entrepreneur ou EURL ? Pour un artisan qui se lance ou qui se développe, c'est la question structurante des deux premières années. Ce guide compare précisément les deux statuts sur le social, le fiscal, les plafonds et la comptabilité — pour vous aider à choisir, et à savoir quand basculer si votre activité grandit.
Profils-types des deux statuts
Auto-entrepreneur (micro-entreprise) — un artisan qui démarre, ou un artisan dont l'activité est stable autour de 20 000 à 40 000 € de CA annuel, sans investissements lourds. Idéal pour tester un marché, ou pour une activité secondaire / complémentaire.
EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) — un artisan qui a déjà une activité installée, qui investit (véhicule, matériel, local), qui dépasse les plafonds micro, ou qui veut séparer patrimoine personnel et patrimoine professionnel.
Tableau comparatif
| Critère | Auto-entrepreneur | EURL |
|---|---|---|
| Plafond CA | 77 700 € (services) / 188 700 € (vente) | Aucun |
| Charges sociales | ≈ 22 % du CA | ≈ 45 % du résultat (gérant TNS) |
| Charges déductibles | Non — abattement forfaitaire | Oui — toutes les charges réelles |
| TVA | Franchise en base jusqu'à 37 500 € (services) / 85 000 € (vente) en 2026 | Obligatoire |
| Comptabilité | Livre des recettes uniquement | Bilan + compte de résultat annuels |
| Patrimoine | Confondu (sauf déclaration insaisissabilité) | Séparé (responsabilité limitée aux apports) |
| Coût de création | Gratuit, en ligne | ≈ 200 à 800 € (statuts, JAL, immatriculation) |
Régime social
Auto-entrepreneur — vous cotisez 22 % du CA en services (BIC artisanal) ou 12,3 % en vente, prélevés mensuellement ou trimestriellement. Si vous ne facturez rien sur le mois, vous ne cotisez rien — pas de charge fixe.
Contrepartie : votre protection sociale est plus faible. La retraite se constitue beaucoup plus lentement, et les indemnités journalières maladie sont calibrées sur le CA moyen — donc faibles tant que vous démarrez.
EURL — le gérant majoritaire (vous, en EURL) est travailleur non salarié (TNS). Vous cotisez environ 45 % de votre rémunération, plus 13 % environ sur les dividendes au-delà de 10 % du capital social.
Avantage : meilleure couverture (retraite, prévoyance) et possibilité de moduler votre rémunération pour piloter les cotisations selon les résultats.
Régime fiscal
Auto-entrepreneur — par défaut, votre revenu imposable est le CA moins un abattement forfaitaire (50 % pour les BIC artisanaux). Sur un CA de 40 000 €, vous êtes donc imposé sur 20 000 € de « revenu théorique », quel que soit votre vrai bénéfice.
Option possible : versement libératoire de l'impôt sur le revenu — vous payez 1,7 % du CA en même temps que vos cotisations. Intéressant si vous êtes dans une tranche imposable. Conditions de ressources à vérifier.
EURL — par défaut, à l'impôt sur le revenu (IR) sur le bénéfice réel. Option pour l'IS (impôt sur les sociétés) à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-dessus — souvent plus avantageux dès lors que le résultat est confortable.
Plafonds de chiffre d'affaires
Le statut micro-entrepreneur est plafonné à (source service-public.fr) :
- 77 700 € de CA annuel pour les prestations de services BIC artisanales
- 188 700 € pour les activités de vente de marchandises
- Seuils de franchise TVA en 2026 : 37 500 € en services (seuil de tolérance 41 250 €), 85 000 € en vente (seuil de tolérance 93 500 €) — au-delà, TVA obligatoire même en restant en micro
Le dépassement deux années consécutives entraîne le passage automatique au régime réel. Mais le moment optimal de bascule est en général avant, pour anticiper la comptabilité et l'optimisation fiscale.
Comptabilité
Auto-entrepreneur — comptabilité minimale : un livre des recettes chronologique. Pas de bilan, pas de compte de résultat. Vous pouvez tenir ça dans un tableur ou un outil dédié.
EURL — comptabilité commerciale complète : bilan annuel, compte de résultat, annexe, dépôt au greffe. Un expert-comptable est quasi-indispensable (1 500 à 3 000 € / an).
Quand basculer en EURL
Cinq signaux qui indiquent qu'il est temps :
- CA proche du plafond micro (66 000 €+ en services) — anticipez de 6 à 12 mois pour mettre la comptabilité en ordre.
- Vos charges réelles dépassent l'abattement de 50 % — au-delà, le régime micro vous coûte de l'impôt sur des revenus que vous ne gagnez pas réellement.
- Vous embauchez — le statut micro est conçu pour un travailleur isolé. Dès qu'il y a un apprenti ou un compagnon, l'EURL ou la SARL s'impose.
- Vous voulez investir lourdement (utilitaire, atelier, machine) — l'amortissement n'existe pas en micro, et vous ne pourrez pas déduire ces achats.
- Vous voulez séparer le patrimoine — la protection limitée de la micro est plus fragile que la responsabilité limitée d'une EURL.
La décision en 30 secondes
Quel que soit votre statut, Barty s'adapte : franchise TVA gérée automatiquement (mention 293 B), changement de régime en un clic quand vous basculez, gestion multi-taux pour vos chantiers. Voir la documentation TVA et la documentation comptabilité.
Une fois votre statut choisi, voir nos guides pratiques : mentions obligatoires devis · fixer son taux horaire · assurance décennale · facturation électronique 2026.
Sources officielles : service-public.fr — auto-entrepreneur · URSSAF — cotisations micro · impots.gouv.fr — régimes d'imposition.